Historique
de Tavel
Lexistence
de vignes et de vignerons est très ancienne à Tavel ;
en effet, des vestiges dune cave romaine furent trouvés
à Tavel avec de grandes quantités de pépins de
raisins, preuves dune activité vinicole à cette
époque.
La
renommée de Tavel est, elle aussi, ancienne ; ainsi Ronsard,
Philippe le Bel, les Papes en Avignon, François Ier et Louis
XIV ont aimé ce vin et ont vanté ses mérites.
Cette qualité, les vignerons lont toujours défendue
avec acharnement. Ainsi le 8 Avril 1716 les consuls de Tavel demandent
la protection des autorités pour quaucune importation
sauvage de raisin ne nuise à la réputation du vin de
Tavel [1]. Puis par édit royal le 10 Septembre 1737 Tavel fera
partie des villages autorisés à apposer le sigle CDR
ou Côte du Rhône sur ses tonneaux, lequel sigle est la
première délimitation dune aire dappellation
couvrant plusieurs communes [2].
A
cette époque, les vignes recouvrent 375 hectares et constituent
la principale ressource dun village de deux cents foyers. Suivra
une période de forte expansion : en 1819 le vignoble atteindra
721 hectares. Puis le phylloxera détruit la presque totalité
du vignoble : de 800 hectares en 1868 celui-ci passera à
50 hectares maladifs en 1870 ; le village déclinera en
peu de temps, passant de 1314 habitants avant le phylloxéra
à 611 habitants en 1931.
Alors
les villageois ont cherché, à se diversifier dans l'élevage
des vers à soie, lhuile dolive, lagriculture
vivrière ou à se faire engager dans les mines de phosphates
creusées dans les collines environnantes. Ces tentatives nont
duré que quelques années et déjà en 1887
les vignerons de Tavel parient à nouveau sur la vigne.
En
effet, en 1887 fut effectué le premier achat de plants américains
à Tavel ce qui fut la seule réponse adaptée au
fléau phylloxéra [3] et en 1914 le vignoble atteignit
195 hectares, 260 en 1926 et 960 aujourdhui. Ce dynamisme des
vignerons se retrouve dans la défense du vin de Tavel, de sa
réputation et de son aire de production ; ainsi en 1902
est créé le syndicat des propriétaires viticulteurs
de Tavel qui oeuvrera pour la défense du vin de Tavel et de
son « authenticité », de sa typicité
dirions-nous aujourdhui. En 1928 ce syndicat se lance dans un
procès en délimitation appellation qui définira
laire de production de Tavel. Cest tout naturellement
en 1936 que Tavel est un des premiers crus à recevoir le label
AOC.
De
nos jours, la plupart des tavellois poursuivent leurs efforts qualitatifs
tout en essayant dutiliser le moins possible de produits phytosanitaires
dangereux pour lhomme et lenvironnement. Ainsi Tavel fait
partie des villages pionniers en matière de lutte raisonnée
[4].
Aujourdhui
le vin de Tavel est présent sur toutes les cartes des restaurants
notés trois étoiles au guide Michelin en France et se
vend bien à lexport où il est présent dans
tous les grands pays consommateurs.
[1]
dans « La trame du vignoble » page 104 de Jacques
MABY aux éditions A. Barthélemy Avignon
[2]
faisaient partie de ce noyau historique des Côtes du Rhône
: Tavel Lirac, Saint Laurent des Arbres, Saint Génies de Comolas
et Roquemaure, puis un peu plus tard : Orsan, Chusclan et Codolet
[3]
le phylloxera est un pou qui vit sur les racines des plants et fait
rapidement dépérir la vigne
[4]
la lutte raisonnée est une méthode récente de
lutte contre les parasites et maladies de la vigne basée sur
lobservation des cycles végétatifs et de reproduction
des parasites qui semploie à nutiliser que le minimum
des produits phytosanitaires en calculant le moment opportun, la pose
des capsules de phéromones faisant également partie
de cette démarche.
Bibliographie :
Les vins du Rhône et de la Méditerranée aux Editions
Montalba par un collectif décrivains dont Jean GIONO,
Marie MAURON, Henri BOSCO et Pierre CHARNAY en 1978.
La trame du vignoble de Jacques MABY aux Editions Barthélemy
en 1995,
Tavel sur la Côte du Rhône de Jean REBOUL aux Editions
Lacour en 1990,
Tavel Cité du Premier Rosé de France dAlfred
CHABAUD publié en 1999.